Samyang 14 mm f/2.8 ED AS IF UMC

Depuis quelques années, Samyang fait figure d'OVNI sur le marché des objectifs photos, en proposant des optiques extrêmes (tantôt au niveau de la focale, tantôt de l'ouverture).
Dictés par le parti pris de proposer des produits accessibles, les fonctionnalités secondaires sont réduites à leur minimum (MAP uniquement manuelle, pas de connexion électronique boitier-optique). Pour autant, la qualité optique et la construction de leurs produits sont le plus souvent d'étonnamment bonne facture.

Bien que méconnu, ce Samyang 14mm f/2.8 peut plaire à de nombreux photographes, d'autant plus au regard de son prix de 320€. Jusqu'alors, cette focale était réservée à une classe d'objectifs proposant des formules optiques très coûteuses : le Canon 14 mm f/2.8L II USM (2100€) et le Nikon 14-24 mm f/2.8 ED (2000€) principalement.

Focale de 14mm

Dans les focales (ultra) grand-angle, chaque millimètre gagné apporte un gain considérable. Les 114 degrés couverts par le 14mm en FF octroient une couverture 25% plus large qu'à 16mm.

Comparaison couverture UGA
© Arvin Alvarez

Conséquence de cette focale extrême, Samyang, à l'instar des modèles Canon et Nikon, utilise une impressionante lentille asphérique qui complique nettement l'utilisation de filtres optiques. Des portes-filtres spéciaux peuvent être montés, mais ils obligent l'utilisation de grands filtres Cookin, forcément plus coûteux.

Construction irréprochable

La qualité de fabrication de l'optique est très élevée, surtout au regard son prix. Entre les doigts, on ressent sa solidité, traduite par son châssis en métal qui, accompagné des 14 lentilles, lui apporte son poids de 550g. Rien à envier, de ce point de vue, aux optiques série L!

Mise au point manuelle

Dans son utilisation, la MAP manuelle est rarement un handicap. A 14mm, la PDC est naturellement très grande, et la mise au point se fera assez aisément dans la plupart des situations en se calant sur l'hyperfocale.
La bague de mise au point est agréable, elle glisse doucement et sa course est étonnament longue, ce qui permet un réglage précis (si le viseur du boitier est suffisamment grand pour le permettre du moins).

Absence d'électronique intégrée1

Par soucis de simplicité et d'économie, l'optique n'embarque aucune électronique. La conséquence directe est l'absence de toute connection entre le boitier et l'objectif ! Dès lors, le réglage de l'ouverture se fait, à l'instar de la MAP, manuellement.
Attention toutefois, en fermant le diaphragme, le débit de lumière arrivant jusqu'au viseur de l'appareil est moins important, et la visée perd donc en clarté. On préférera souvent laisser l'ouverture maximale (f/2.8) le temps des manipulations et réduire le diaphragme à la fin, avant d'appuyer sur le déclencheur.

[1] Les chanceux Nikonistes disposent toutefois d'une version AE de l'objectif, proposant une électronique embarquée qui garantit notamment la transmission des EXIF, de l'exposition, le contrôle du flash, ainsi que le réglage du diaphragme depuis le boitier !

Qualités optiques

Tout d'abord, un petit tour des abréviations utilisées par Samyang sur ce 14mm f/2.8 ED AS IF UMC.

  • IF : pour Inner Focus, mise au point interne.
  • UMC : pour Ultra Multi Coating, un traitement anti-reflet multicouches garantissant un très faible pourcentage de lumière réfléchi sur les surfaces internes de la lentille, permettant ainsi d'éviter d'éventuels effets parasites sur l'image enregistrée. C'est l'équivalent du traitement Super Spectra chez Canon.
  • ED : pour Extra-low Dispersion, un traitement des lentilles qui garantit une quasi-absence d'aberrations chromatiques.
  • AS : pour Aspherical. En plus des deux lentilles ED, on retrouve deux lentilles asphériques.

Exemple de photo au Samyang 14mm
f/2.8 sur plein-format

Le piqué est tout bonnement impressionant dès la pleine ouverture. Les bords sont nettement supérieur à ce que peut offrir, par exemple, un Canon 16-35mm f/2.8L - voire même un Canon 14mm f/2.8L !
En fermant un peu le diaphragme, les bords sont tout simplement parfaits. Les aberrations chromatiques, de façon étonnante, sont presque totalement absentes !

Crop 100%
Crop 100% - RAW retraité - Bord gauche, centre et coin inférieur droit à f/2.8 !

Forcemment, ces qualités ont été privilégiées au détriment d'autres critères par les ingénieurs de Samyang. La distorsion en moustache, principalement, est assez prononcée et complexe. Pour autant, les profils de correction intégrés aux logiciels modernes sont efficaces.
De façon moins préjudiciable, le vignettage est également présent, mais se corrigera facilement en fermant d'un ou deux crans de diaphragme.

Ouverture f/2.8

La confortable luminosité de l'optique permet une utilisation plus aisée là où le manque de lumière se fait sentir. L'objectif est par exemple un excellent compagnon pour les photos de nuits étoilées ; à pleine ouverture, il permettra de limiter l'exposition à 30s (pour éviter la trainée induite par le déplacement des étoiles dans le ciel), tout en n'explosant pas la sensiblité du capteur (en général, maximum 1600-3200 ISO).

Exemple de photo de nuit
f/2.8, 30s, ISO 1600 (la trainée, à gauche, est une étoile filante)

Et bien que dotée d'une focale peu propice aux jeux de profondeur de champ, l'ouverture permet d'isoler le sujet en proxy-photo. Le bokeh généré par les 6 lamelles du diaphragme est plutôt sympathique.

Exemple de proxy-photo
f/2.8 sur plein-format - isoler un sujet en proxy-photo

Haut de page